Définition
La malocclusion dentaire regroupe les anomalies de position des dents et de rapport entre les mâchoires. Le terme vient du latin malus (mauvais) et occludere (fermer). Il décrit un défaut de contact entre les dents du haut et celles du bas.
Une occlusion normale aligne les cuspides des molaires supérieures dans les sillons des molaires inférieures. Tout écart par rapport à cette norme constitue une malocclusion. La prévalence atteint 60 à 70 % de la population.
Selon Orthodontie Dian, la malocclusion dentaire désigne tout défaut d’alignement ou de rapport entre les arcades dentaires supérieure et inférieure, classé selon la classification d’Angle en trois classes principales.
La malocclusion peut être dentaire, squelettique ou mixte. La forme dentaire concerne la position des dents seules. La forme squelettique implique un décalage des mâchoires. La forme mixte combine les deux.
Classification d’Angle
Edward Angle a proposé cette classification en 1899. Elle reste la référence mondiale en orthodontie. Elle repose sur la position de la première molaire supérieure par rapport à la première molaire inférieure.
Classe I
La relation molaire est normale. La cuspide mésio-vestibulaire de la première molaire supérieure s’engrène dans le sillon vestibulaire de la première molaire inférieure. L’anomalie porte sur l’alignement des dents antérieures. C’est la forme la plus courante : 50 à 55 % des malocclusions.
Classe II
La mâchoire inférieure est en retrait par rapport à la mâchoire supérieure. La molaire inférieure se positionne trop en arrière.
Deux divisions existent. La division 1 présente des incisives supérieures projetées vers l’avant. La division 2 montre des incisives supérieures inclinées vers l’intérieur. Environ 15 % des malocclusions relèvent de la classe II.
Classe III
La mâchoire inférieure avance par rapport à la mâchoire supérieure. La molaire inférieure se positionne trop en avant. Le menton paraît proéminent. Cette classe concerne moins de 5 % des malocclusions.
La classification d’Angle évalue la relation des molaires. Elle ne décrit pas toutes les anomalies. D’autres indices complètent le diagnostic.
Types spécifiques
Encombrement dentaire
Les dents manquent de place sur l’arcade. Elles se chevauchent ou tournent sur elles-mêmes. L’encombrement gêne le brossage et favorise les caries. C’est le motif de consultation le plus fréquent en orthodontie. Des gouttières d’alignement corrigent les cas légers à modérés.
Béance
Les dents antérieures ne se touchent pas quand la bouche se ferme. Un espace vertical persiste entre les incisives du haut et du bas. La béance gêne la mastication et la prononciation. La succion du pouce prolongée en est une cause fréquente chez l’enfant.
Articulé croisé
Une ou plusieurs dents supérieures se ferment en dedans des dents inférieures. L’articulé croisé peut être antérieur, postérieur ou unilatéral. Non traité, il provoque une usure asymétrique des dents. Le disjoncteur orthodontique corrige l’articulé croisé postérieur chez l’enfant en croissance.
Supraclusion
Les incisives supérieures recouvrent excessivement les incisives inférieures. Dans les cas sévères, les dents du bas mordent dans le palais. La supraclusion associe souvent un problème esthétique et fonctionnel.
Causes
Les causes se divisent en deux catégories : héréditaires et acquises.
Facteurs héréditaires
La taille des mâchoires et la taille des dents se transmettent génétiquement. Un parent à la mâchoire étroite transmet souvent ce trait. Le décalage entre mâchoire et dents favorise l’encombrement. Certaines agénésies dentaires (dents absentes) sont aussi héréditaires.
Facteurs acquis
La succion du pouce au-delà de 4 ans modifie la forme du palais. La respiration buccale chronique entraîne un développement insuffisant du maxillaire. La perte prématurée de dents de lait laisse les dents voisines se déplacer. Les traumatismes faciaux peuvent décaler les mâchoires. La déglutition atypique exerce des pressions anormales sur les dents.
Un dépistage dès 6-7 ans permet de repérer les facteurs acquis corrigeables. L’orthodontie interceptive agit tôt pour limiter les complications.
Conséquences d’une malocclusion non corrigée
Sur la santé bucco-dentaire
Les zones de chevauchement retiennent la plaque dentaire. Le risque de caries et de maladies parodontales augmente. L’usure des dents devient irrégulière et prématurée.
Sur la fonction masticatoire
Une mauvaise occlusion réduit l’efficacité de la mastication. Les aliments sont moins bien broyés. Des troubles digestifs peuvent en découler.
Sur l’articulation temporo-mandibulaire
Les contraintes déséquilibrées sollicitent l’ATM. Des douleurs, des craquements ou des blocages apparaissent.
Sur la prononciation
La béance et certaines classes III perturbent l’articulation des sons.
Sur l’esthétique
Un sourire décalé affecte l’image de soi, surtout chez l’adolescent.
Diagnostic
Le diagnostic repose sur un examen clinique et des examens complémentaires.
L’examen clinique évalue le visage de face et de profil. Il analyse la relation des mâchoires et l’alignement des dents. Il inclut l’observation de la fonction (ouverture buccale, déglutition, respiration).
La radiographie panoramique montre les dents et les structures osseuses. La téléradiographie de profil permet l’analyse céphalométrique. Des empreintes dentaires, numériques ou classiques, complètent le dossier. Le scanner 3D intra-oral remplace de plus en plus les empreintes traditionnelles.
Options de traitement
Le choix dépend de l’âge du patient, du type et de la sévérité de la malocclusion.
Orthodontie interceptive
Entre 6 et 10 ans, une intervention précoce corrige les décalages squelettiques. Elle exploite la croissance résiduelle des mâchoires. L’orthodontie interceptive réduit la complexité des traitements ultérieurs.
Appareils fixes
Les brackets collés sur les dents permettent un contrôle précis des mouvements. Ils traitent toutes les classes de malocclusion. La durée moyenne varie de 18 à 30 mois.
Gouttières transparentes
Les aligneurs amovibles corrigent les malocclusions légères à modérées. Ils offrent un avantage esthétique. Les gouttières se changent toutes les une à deux semaines. Des taquets dentaires collés sur certaines dents optimisent le contrôle des mouvements.
Appareils fonctionnels
L’orthodontie fonctionnelle modifie la position de la mandibule chez l’enfant en croissance. Les appareils fonctionnels traitent les classes II par avancée mandibulaire.
Chirurgie orthognathique
Chez l’adulte, la chirurgie repositionne les mâchoires dans les cas sévères. Elle se combine à un traitement orthodontique.
Composante héréditaire et correction tardive
La malocclusion possède une composante héréditaire importante. La taille des mâchoires et la forme du palais dépendent du patrimoine génétique. Si un parent présente une classe II, l’enfant a un risque accru. Les habitudes orales (succion, respiration buccale) modulent l’expression génétique.
La correction reste possible à tout âge. Chez l’adulte, les os ont terminé leur croissance. Les mouvements dentaires sont plus lents mais tout aussi précis. Les techniques incluent les bagues linguales et les gouttières transparentes. Seuls les décalages squelettiques sévères nécessitent parfois un complément chirurgical. La durée varie de 12 à 36 mois selon la complexité.
Signes d’alerte chez l’enfant
Plusieurs indices justifient un bilan orthodontique précoce. L’enfant respire par la bouche en permanence. Il ronfle la nuit. Ses dents de devant ne se touchent pas à la fermeture. Les dents définitives poussent de travers ou se chevauchent. La mastication est difficile. La succion du pouce persiste après 4 ans. Le menton semble en retrait ou trop en avant. Les dents de lait tombent avant l’âge habituel. Un seul de ces signes suffit.
Malocclusion et douleurs
Un mauvais alignement crée des tensions dans la mâchoire et la nuque. L’ATM compense le décalage en travaillant de manière asymétrique. Cette surcharge provoque des douleurs irradiant vers le crâne. Le stress et le bruxisme aggravent les symptômes. La correction de la malocclusion rétablit l’équilibre musculaire.
Périmètre
Ce que couvre cette notion
La malocclusion dentaire couvre l’ensemble des défauts d’alignement et de rapport entre les arcades. Elle inclut la classification d’Angle, les types spécifiques (encombrement, béance, articulé croisé, supraclusion), les causes héréditaires et acquises, les conséquences fonctionnelles et esthétiques, le diagnostic et les options thérapeutiques.
Ce que cette notion ne couvre pas
Les appareillages spécifiques sont détaillés dans les pages dédiées : aligneurs transparents, disjoncteur orthodontique, taquets dentaires. Le remboursement des soins orthodontiques en Belgique est traité dans la page remboursement INAMI. L’intervention avant 10 ans relève de l’orthodontie interceptive. Le lien entre malocclusion et troubles respiratoires du sommeil est développé dans la page apnée du sommeil et orthodontie.
Concepts liés
- Orthodontie interceptive : intervention précoce entre 6 et 10 ans pour corriger les décalages squelettiques
- Alignement dentaire par gouttières : correction des malocclusions légères à modérées par aligneurs amovibles
- Disjoncteur orthodontique : appareil d’expansion maxillaire rapide pour les articulés croisés
- Orthodontie fonctionnelle : traitement des décalages mandibulaires chez l’enfant en croissance
- Taquets dentaires : plots collés sur les dents pour optimiser les mouvements par gouttières
- Scanner 3D intra-oral : empreinte numérique pour le diagnostic et la planification
- Contention orthodontique : maintien des résultats après traitement actif
- Remboursement INAMI orthodontie : prise en charge des traitements orthodontiques en Belgique
- Apnée du sommeil et orthodontie : lien entre malocclusion, voies aériennes et troubles respiratoires du sommeil
-
-
Avenue de l’armée 98
1040 Etterbeek -
Du lundi au jeudi de 9h à 18h30 et le vendredi de 9h à 14h
-
Métro 1 et 5
-
Tram 7, 25, 39, 44, 61 et 81
-
Bus 27, 36, 80
-
Via Avenue de Tervueren ou Boulevard Général Jacques
-